Qu'est ce qu'ils sont sympas ces Vietnamiens!

Dès la frontière passée je me trouve un hôtel et me pause pour l'après midi. Le soir je vais dans un restaurant et dès que je m'assois un Vietnamien me tend un verre d'alcool fort puis me serre la main. Il me fait comprendre qu'il faut que j'en boive deux de plus afin de "saluer" son frère et sa fille assis à la même table. La fille parle anglais. Nous discutons ensemble toute la soirée et je reçois mon premier cours de prononciation. Le vietnamien a l'air aussi dur que le chinois et je rends les armes rapidement. Ils me proposent de continuer la soirée ailleurs et même de voyager avec eux. Je décline les deux propositions et je vais me coucher.
Incroyable première journée. En deux mois en Chine je n'ai jamais eu une seule rencontre de ce genre au restaurant...

Le lendemain je découvre que les gens dans le nord du Vietnam sont vraiment accueillants. Je roule sur des routes de montagnes entourées de forêts tropicales et salué par de nombreux "hello!". Parfois de jeunes vietnamiens qui reviennent en vélo de l'école m'accompagnent sur quelques kilomètres et essaient d'entamer une discussion en anglais. Les filles me font coucou de la main avec de beaux sourires et les mamans avec leur enfant essaient de leur faire dire le "hello!" traditionnel. J'essaie de répondre un maximum ce qui déclenche de grands sourires de tout ce beau monde

Les arrêts le midi pour manger sont toujours folkloriques. Une fois après avoir commandé mon plat on me propose de m'assoir à une table et je me fais directement osculter par un client. Il a très envie de voir les fameux poils de torse des occidentaux! :-) Comme je suis poilu comme un lavabo il est très déçu mais ensuite la comparaison continue, particulièrement au niveau de la taille du nez. En sortant mes lunettes de soleil je lui explique que c'est bien pratique d'avoir un long nez. Il les essaie et pas moyen de faire tenir les lunettes correctement. Tout le restaurant qui observait la scène rigole. Je m'amuse dans ce pays! :-)

Une autre fois je suis invité à trinquer 4 fois. Après 4 verres de cet alcool je parle presque le vietnamien! :-)
J'ai réussi à éviter de trinquer avec une table de trois en expliquant devant un auditoire amusé que tituber en vélo n'était pas évident.

Au Vietnam je ne me sens plus seul. Je m'arrête un moment au bord de la route et 5 minutes plus tard un homme arrive avec un thé. Nous buvons ensemble en discutant de sa passion des banzais, de mon voyage, etc... Un ami arrive et il lui résume la discussion. Je repars salué comme un héros :-)

A partir de 100km avant Hanoi la situation est beaucoup moins marrante. Les vietnamiens claxonnent tout le temps et la loi du plus fort fait office de code de la route. En montagne ça allait mais à l'approche d'Hanoi le trafic est décuplé. Une fois arrivé je me couche rapidement et m'endors bercé par les claxons en me disant qu'il faut vraiment que je trouve une chambre au calme le lendemain...

Première église depuis l'Italie dès la frontière passée

Un gamin qui monte un buffle. C'est habituel dans la campagne

mon nouvel amis à coté de son banzai (géant!?) préféré
Photo prise sur le vélo. Je suis suivi par 6 gamins

Photo prise dans les montagnes. 
Beaucoup de nature et peu de maisons



J'ai un peu tardé à partir de Kunming et il ne me reste que 6 jours pour atteindre la frontière. 6 jours pour 450km ça ne devrait pas être trop compliqué mais je n'ai pas beaucoup de marge. Je vais d'ailleurs essayer de gagner un jour en faisant de grosses étapes.

Je passe dans des forêts tropicales luxuriantes
Après une grande descente avec de jolies vues sur des rizières je rejoins le fleuve rouge que je vais suivre jusqu'à la baie d'Along

Le fleuve rouge

Tout se passe bien pendant la descente. Je rejoins l'ultime route pour la frontière. Je suis fatigué d'avoir forcé les jours précédents mais normalement les derniers 150km devraient être du gateau. Je dois prendre une route peu parcouru qui suit le fleuve et là c'est la tuile: la route est coupée.
Les ouvriers m'interdisent de passer en me disant que c'est dangereux et me propose un détour que j'évalue à plus de 200km en remontant dans la montagne. Génial... Il faut que je sois le lendemain à la frontière et je suis incapable de réussir le détour dans les temps.
A force de discussions les ouvriers me laissent passer sur la route avec un air de "tant pis pour toi, je t'ai prévenu". Je n'ai pas compris à ce moment là le nombre de kilomètres en travaux.
Je vais vite comprendre la situation. Les chinois construisent une autoroute au dessus de la route fermée et ils font ça à la chinoise c'est à dire sans prendre de gants. En construisant la route au dessus ils font tomber tellement de pierres, de terre, etc... qu'ils sont en train de détruire la route en dessous. Il va maintenant falloir composer avec la terre, les pierres qui tombent du dessus, les pelleteuses et ... la pluie qui commence à tomber et qui transforme assez rapidement le chemin de terre en boue. Je patauge là dedans pendant deux jours en campant près d'un camp d'ouvriers qui, typique des chinois, ne se soucieront pas du tout de moi. Tout ce texte pour dire que ces deux jours ont été parmi les plus éprouvant du voyage. Je termine le chemin de terre avec de la boue jusqu'à la ceinture. Après m'être rincé près d'un bordel à coté du dernier campement d'ouvriers sous le regard de filles en minijupes je termine les 60km et atteinds la frontière.

Grosse fatigue

 et le pourquoi

Là il fallu porter. Impossible de pousser mon vélo dans les pierres

En rentrant au Vietnam je me rends compte que je suis content de quitter la Chine.
Pour reprendre les paroles d'une française que j'ai croisé à Kunming: je suis fatigué des chinois.
Je suis au Vietnam depuis 2 jours et je peux de nouveau accéder au blog. J'ai fait les mises à jour suivantes:
  • Ajout des photos pour l'article "27 aout au 31 aout 2010 - La route du Pamir de Khorog a Mourag"
  • Ajout l'article écrit il y a longtemps "De Mourag à la frontière Kyrgyze"
  • Ajout des deux mails envoyés depuis la Chine
Je compte reprendre le blog au Vietnam où les connexions internet ont l'air excellentes. 

A bientôt!
Bonjour!

Et me voici de retour avec un grand compte rendu d'une toute petite partie de ce que je vis. Le mail est encore plus long que le précédent. Bonne lecture...

"Même après avoir traversé sept montagnes et sept mers, on n'arrive pas encore au Yunnan. Il est presque aussi loin que la lune.
Et celui qui en vient vient de la lune."
Proverbe chinois

De Xichang au lac Lugu

Le jour de l'envoie de mon mail précédent je rencontre Alex, Thomas et
Maxence qui commencent leur voyage en vélo. Ils sont en Chine depuis 2
semaine et n'ont pour l'instant une expérience quasi nulle de ce genre
de voyage. Ils m'acceptent dans leur groupe et nous partons le
lendemain en train pour Xichang. Je pensais ne faire que du vélo
jusqu'à la frontière mais il faut savoir ce que je veux et là je suis
bien content de pouvoir voyager de nouveau accompagné.

Arrivée à Xichang vers 5h du mat' les chinois nous refusent d'attendre
dans la gare. C'est sans compter sur la volonté de mes 3 compagnons
qui se révoltent à l'idée d'attendre dehors. Malgré le refus des
policiers ils rentrent, sortent les duvets et finissent leur nuit. Les
policiers laissent tomber... Je me rends compte que leur attitude est
la bonne dans une Chine où les fonctionnaires ont souvent un règlement
à la place du cerveau.

On part au petit matin direction le lac Lugu et vers la montagne. Mes
nouveaux amis ne sont absolument pas entrainés et ne connaissent rien
en matière de réparation de vélos. Ils font énormément de pauses dans
les montés mais profitent. J'adore leur état d'esprit. Toute occasion
est bonne pour rigoler. Ils sont jeunes (20 ans), inexpérimentés, peu
préparés mais ont une envie de s'amuser, une facilité de communication
et une joie de vivre qui me relance dans ce voyage.

Arrivé le premier jour au niveau d'un col on se fait inviter à dormir
chez un chinois, première fois depuis mon arrivée en chine. Enfin
est-ce que le Yunnan est vraiment la Chine? La chine est
principalement peuplé de Han (92% des chinois) or sur les 56 minorités
ethniques du pays, 25 sont présentent au Yunnan. Je trouve que le
Yunnan ressemble à la chine dont on rêve avec ses rizières, sa
population accueillante et sa nature préservée. Malheureusement il
pleut beaucoup. La saison des pluies se termine dans un mois.

La route pour le lac Lugu est très belle et peu parcouru. Chaque pause
déjeuner est l'occasion d'une pause resto puis de parties de cartes.
Ils ont appris un jeu de carte chinois ce qui nous permet de jouer
avec eux et de se payer de bonnes tranches de rigolade.

Le lac lugu est magnifique. Vieilles habitations, peu de monde et un
calme agréable. On y reste 3 jours pendant lesquels on va juste
profiter de la vie: repos, barbecues délicieux , pirogue, etc... Il
s'agit d'un des plus beau endroit de mon voyage. Je ne sais pas
pourquoi ce site n'est pas classé par l'Unesco mais tant mieux. Ça
évite d'en faire un site rempli de touristes.
La minorité chinoise qui habite autour du lac sont les Naxis, peuple à
la société matriarcale d'origine Tibétaine. Les hommes rendent visite
aux femmes chez elles la nuit et les relations sont libres. Il
n'existe pas de maris permanents ce qui fait que la notion de père est
inconnu pour les enfants. Bien sur dans ce peuple la jalousie est tout
à fait déplacé.

Du lac Lugu à Kunming

Tout le problème de ce voyage est qu'il faut savoir partir des
endroits les plus agréables. On reprend la route le 11 octobre pour
partir directement dans un col. Lors de la descente que je trouve
sympa mes 3 compagnons demandent à un conducteur de camion s'il
pourrait nous avancer. Le conducteur accepte et de mon coté grosse
hésitation. Je ne vois pas l'intérêt de prendre un camion dans cette
superbe descente mais si je ne monte pas avec eux je vais de nouveau
me retrouver à voyager seul. Jusqu'à maintenant j'ai toujours réussi à
les suivre bien qu'ils n'hésitent pas à monter dans un camion quand
l'occasion se présente ou d'en attraper un au vol afin de monter les
cols façon téléski. Finallement je cède et monte dans le camion. Nous
voilà parti pour 2h de route.
Une fois arrivée, à notre grande surprise le chauffeur nous réclame
120 yuans alors qu'il n'avait jamais été question d'argent. On refuse
et Thomas propose 20 yuans. La conversation s'échauffe et les amis du
chauffeur commencent à nous entourer. Le chauffeur part chercher une
barre de fer dans son camion, l'utilise pour écrire 100 yuans sur le
sol et nous menace de taper sur les vélos. Bon on cède. 100 yuans ça
fait 2,5 euros chacun mais c'était pour le principe...

Nuit à l'hôtel puis retour en montagne direction Lijiang. Sur la route
nous rattrapons Arnaud et Julie, un couple de français en tandem qui
vont dans la même direction et nous passons 2 jours ensembles.

Lijiang s'avère être une ville moyenâgeuse magnifiquement préservée:
maisons en bois, canaux et ... un monde de fou! La nuit la ville
devient un lieu de fête où les chinois se soulent à la bière. Afin de
visiter la ville au calme les deux français et moi nous levons tôt
pour avoir la ville pour nous. Alex, Thomas et Maxence ne sont pas du
style à se lever tôt. Le principe depuis qu'on est ensemble est "pas
de réveil!" Alala ils me font rires ces petits jeunes! :-) Bon là je
les comprend: la veille ils se sont fait inviter à boire des bières
avec des chinois. Je les retrouve fraichement levé vers 11h.
Alors que je faisais un blocage sur la Chine Lijiang est pour moi un
déclic. J'apprécie de plus en plus le Yunnan et la richesse de sa
culture. J'achète un livre de poèmes chinois, un livre sur l'histoire
de la peinture en chine, un cd de musique chinoise et une flute Hulusi
http://fr.wikipedia.org/wiki/Hulusi.

Le jour du départ mes compagnons ont des problèmes de vélo qui vont
leur prendre la journée. Je pars donc seul, pressé par la date de mon
visa.
J'arrive après deux jours à Dali et un record le 2eme jour de 153km.
Dali, autre cité moyenâgeuse et touristique du Yunnan me déçoit mais
je récupère pendant 2 jours dans une guesthouse sympa avant de prendre
un train pour Kunming.

Me voilà maintenant à Kunming depuis 2 jours. Je vais obtenir mon visa
Vietnamien aujourd'hui à 17h (soit à 11h en france) et ensuite
direction la frontière qu'il me faudra atteindre le 27 octobre au plus
tard. Les 3 français m'ont rejoint hier à l'hôtel et on devrait se
retrouver au Vietnam. Et oui, finalement je vais d'abord me rendre au
Vietnam puis rejoindre Mee Oka au Laos vers le 10 décembre.

Les avoir rencontré change totalement le style de mon voyage. Ils ont
une idée du voyage diamétralement opposé à celle de Cédric avec comme
principe de profiter un maximum, de s'amuser et de ne pas trop se
faire mal! De mon coté ça me va bien vu ma "fatigue" du voyage. Ces
prochains mois risquent fort de ressembler à des vacances...

A bientôt par mail!

Christophe

PS: Le site des 3 épicuriens qui m'ont accompagnés:
http://descahierspourlemonde.e-monsite.com/

PS2: Le site d'Arnaud et Julie, les voyageurs en tandem:
http://sevaderailleurs.free.fr/

 Mes trois nouveaux compagnons. De gauche à
droite Thomas, Alex et Maxence
 
 Notre chez nous pour trois jours. Notre hôtel est la maison la plus à gauche de a photo

 Un petit air de Tahiti cette promenade en pirogue. Malgré la température du lac on ne pourra pas s'empêcher de piquer une tête... et de vite remonter! :-)
 La grande maitrise du français par les chinois

 Lijiang, plus belle ville de mon voyage depuis Venise

 Un parc dans Lijiang

 J'adore les vêtements colorés des ethnies du Yunnan. Ça change des vestes Mao!
Bonjour tout le monde!

Comme j'ai arrêté le blog pour la Chine et pour pas perdre le contact voici un petit mail avec le résumé de mes "aventures".

La chine pour l'instant a été un séjour assez classique et touristique à l'exception des 5 premiers jours pour aller du Kyrgystan à Khashgar (ouest de la chine près du désert du Taklamakan) et les deux jours pour venir ici.

On a passé ces 5 jours avec 5 cyclistes rencontrés juste après la frontière Tadjik (3 suisses et 2 polonais). Ça m'a fait du bien de rouler avec eux vu que leur rythme était bien plus lent que celui de Cédric. Alors que j'avais pas mal de courbatures au Tadjikistan ces 5 jours m'ont reposé!

Ensuite 3 jours à Khashgar à découvrir que les villes en Chine ressemblent à un supermarché géant. Chaque devanture vend quelque chose. Il y a de la pub partout et les chinois dépensent. Ils sont 60% a profiter du boom économique ce qui donne 1 milliard de chinois de plus comme consommateurs dans le monde. Malheureusement la spécialité ici c'est ... le suremballage...
Mon plus grand plaisir en chine a été de ... manger! La nourriture est vraiment bonne et très diversifiée (non non j'ai pas mangé de chien).

Ensuite itinéraire en bus puis en train jusqu'à Xi'an où je visite pas mal de lieux historiques. (Pour info j'ai quitté Cédric qui descendait du train quelques 500km avant moi). Grand repos en me payant un hôtel pendant 6 jours puis train de nouveau pour Chengdu où rebelote je reste 3 jours. J'en profite pour aller voir les pandas géant. En fait je temporise car je vais faire une extension de visa et l'extension ne peut se faire que dans les 7 jours avant l'expiration du visa précédent. De plus je fais du quasi surplace car Il faut que je sois près d'un endroit où je puisse faire l'extension.

Je pars ensuite pour Eimeshan et son mont Emei, berceau du Bouddhisme en Chine. Je fais les 160km en vélo en un jour et demi. Le lendemain je vais voir le bouddha géant classé au patrimoine de l'humanité à Leshan puis je m'occupe de ma prolongation de visa, ce qui prend 2 jours.

Enfin je suis parti avant hier pour faire un petit pèlerinage Bouddhiste dans la montagne sacrée. Journées sacrément éprouvante! 2 jours de marches et 3000m de déniv!!! Quand je dis de marches c'est vraiment ça. Il n'y a QUE DES MARCHES! J'ai fait une petite évaluation, j'ai du me taper 18000 marches rien que pour la montée!! 2 jours de pluie et au sommet brouillard total. J'ai quand même été content vu que j'ai fait une bonne partie de la montée avec des étudiants Chinois super sympas. La nature est superbe et j'ai aimé tous ces temples où les Chinois sont enfin ... calmes.

Et oui, parlons un peu des Chinois... Je trouve que depuis le début de ce voyage c'est la population la moins agréable. Les mots qui me viennent à l'esprit: égoïstes, bruyants et peu conciliants. Les chinois n'aiment pas perdre la face. J'ai vu des disputes assez violentes dans la rue qui parfois dégénèrent en bagarres. J'ai vu 5 bagarres en 1 mois! Les femmes aussi se tapent dessus!
Le coté égoïste se ressent dans leurs réactions très Parisienne quand je demande mon chemin ou un service. Je pense aussi à la difficulté que j'ai eu à planter la tente quelque part. Toujours Méyo (non). Finallement j'ai essayé de me planquer pour monter la tente mais on m'a vu et je me suis fait engueuler. C'est simple, je ne sais même pas dire oui en chinois. Par contre le non je le prononce parfaitement...

Le programme des jours suivants: demain je retourne sur une route que j'espère moins parcouru et je devrais mettre 8 jours jusqu'à Lijiang où je prendrai un hôtel. Ensuite je refais 2, 3 jours pour arriver dans la jolie ville de Dali. Pour ceux qui vont chercher sur une carte, je suis dans le Sichuan et je vais dans le Yunnan. La rentrée au Laos est prévue début novembre.

Pour ma maman, oui oui je suis en bonne santé. Aucun problème! :-) Sérieusement je crois que je suis assez bon pour tout supporter dans ce genre de voyage, même les toilettes publiques chinoises! :-) Enfin tout supporter, non. Il y a un truc sacrément difficile pour moi, c'est la solitude. J'espère trouver d'autres cyclistes sur la route. Une galère à deux est toujours une occasion de se marrer. Par contre tout seul c'est juste une galère.

 
Le point culminant du voyage à 4600m au Tadjikistan. La photo est prise par un anglais qui voyageait en vélo avec un pote

Le premier resto en Chine avec les 2 polonais et les 3 Suisses. Le Taliban à gauche c'est Andy, un suisse, qui ne s'est pas coupé la barbe depuis son départ. Le plateau sur la table tourne ce qui permet à tout le monde de taper dans tous les plats en remplissant son bol.

 e Bouddha de Leshan taillé dans la roche au 8eme siècle

  j'ai dormi là la nuit dernière, juste sous le portail. Pluie et orage dans une foret tropicale. Sympa! :-)

Les Chinois avec qui j'ai monté une partie du mont Emei. Heureusement que la fille parlait anglais. Il est super dur en Chine de se faire comprendre. La gestuelle doit être totalement différente. Tous mes mimes qui fonctionnaient dans les pays précédents sont à réapprendre.

 Selon la légende Samantabhadra et Wenshu auraient rencontré Bouddha à cet endroit. Pour info il n'y a pas eu qu'une seule personne qui a atteint l'état de Bouddha. Et oui Bouddha est un état qui signifie éveillé (dans wikipedia: participe passé passif de la racine verbale budh-, « s'éveiller »). Siddhārtha Gautama, qu'on appelle communément Bouddha, est le fondateur du Boudhisme.


La rue commercante de Mourghab. Là faut vraiment etre né la pour y vivre. Il n'y a rien ici On reste 1 nuit ici avant de continuer notre route. J'ai très très envie d'une pause mais il faudra attendre encore 8 jours avant de pouvoir rester 2 jours au même endroit. Alala ces visas...

Nous faisons une première étape assez courte. Le temps est pourri, il fait froid et on a eu le vent de face toute la journée. Au petit matin on se rend compte qu'il a un peu neiger mais le ciel est bleu. Dur dur de repartir. J'ai des crampes au bout de 10km puis ça passe. Il y a quelques temps Cédric m'avait parlé de la fatigue du voyage. Cette notion abstraite prend tout son sens aujourd'hui. J'en ai marre et aucune envie d'avancer mais bon, j'avance... Il nous reste pas mal de cols à passer avant d'arriver en Chine et de pouvoir enfin souffler.


Heureusement le paysage est toujours aussi beau et le temps se tien. Nous progressons vers le point culminant du voyage. La montée est laborieuse. Je m'arrête tous les 100m pour souffler.

Arrivée au col je suis pris en photo par 2 anglais puis m'offrent une barre de chocolat pour fêter ça.



Je retrouve Cédric un peu plus bas qui est en train de bricoler son vélo.

Le 4 septembre encore une grosse journée. Pas mal de bosses à passer et un vent de face continue. Cédric est loin devant ce qui me donne l'impression de voyager seul. Je suis bien peu en forme j'ai mal aux poignets, aux genous et au dos. Le corps demande une pause mais mais il faut avancer pour sortir du Tadjikistan rapidement car notre visa Khyrgyze ne nous permettra de rester là-bas que 3 jours.

Le soir la récompense:

 Le voyage continue dans des paysages infinis. Les photos rendent qu'un dixième de l'impression de grandeur dégagé par les montagnes.


Je viens de nouveau d'essayer de m'en sortir à écrire mon blog mais ça bug beaucoup trop et je vais laisser tomber tant que je suis en Chine. En réalité mettre à jour le blog a été difficile depuis que j'ai quitté la Turquie. Avant d'arrêter j'ai envie de faire ce petit article sur les pays traversés. Je ne vais pas parler de vélo cette fois mais de mon ressenti sur les Etats:
  • Iran: Drôle de pays et drôle d'ambiance où il a fallu que je pratique une auto censure  pour protéger les personnes que j'ai rencontré et pour éviter les problèmes. Pour ceux qui en doute ce pays ou plutôt le gouvernement de ce pays est particulièrement barbare. Quelques éléments que je n'ai pas pu raconter quand j'étais en Iran: 
    • Une bonne majorité de la population semble en avoir assez du gouvernement. La révolte gronde mais discrètement vu la répression qui a suivis les élections en 2009.
    • Nous avons rencontré deux personnes condamné à recevoir 60 coups de fouets pour avoir été soul. La femme de l'un des deux a en plus été violé par la police ou plutôt par les "défenseurs de la révolution islamique".  Le deuxième nous a raconté avoir été torturé à l'époque de Khomeini et nous a montré ses cicatrices. 
    • J'ai appris que récemment une femme a été condamné à mort pour avoir trompé son mari qui est pourtant décédé.
    • Nous avons été interrogé de temps en temps  dans la rue par des personnes parlant un très bon anglais et ayant toujours le même style bien habillés. Les questions étaient "Quelle est votre nationalité?", "d'où venez vous?", "Ou allez vous?" et des fois "Que pensez vous du gouvernement?" Ces personnes semblaient apparaitre de nul part quand nous provoquions un attroupement par notre seule présence. Le record a été quand un gars nous a interrogé avec la présence d'un traducteur et d'une personne filmant toutes nos réponses. On peut jamais être sur mais ces personnes ressemblaient plus à des flics en civil qu'à des passant intéressés par notre voyage.
    • Le dernier point je ne peux pas vous le raconter pour protéger des personnes rencontrées. Je vous dis tout une fois de retour en France. Cédric et moi avons été content de quitter l'Iran. L'atmosphère était parfois lourde. Ce grand peuple ne mérite pas ce gouvernement.
  • le Turkménistan: Pays où les citoyens sont complétements coupés du monde. Il s'agit d'une terrible dictature digne de celle de Kim Sung en Corée du nord Je vous invite à lire l'article que j'ai déjà écrit dessus. La dictature n'est pas particulièrement mise à l'index par l'occident qui a besoin du gaz Turkmène. Petit article ici:  le charme discret de la dictature turkmene
  • L'Ouzbékistan: Encore une dictature caché sous forme de république. Le président et sa fille détiennent tout le pouvoir. L'Ouzbékistan a été une bouffée d'air frais après l'Iran et le Turkménistan. J'ai été heureux d'entendre de la musique dehors, de voir des adultes qui jouaient au ping pong dans la rue et de voir les femmes qui parlent aux hommes. De nouveau l'Ouzbékistan n'est pas critiqué par l'Occident car les américains ont trop besoin de cette base arrière pour mener des opération en Afghanistan.
  • Le Tadjikistan: encore une simili république mais le président doit composer avec les islamiques très présents. Ce pays sans ressource vit grâce à l'argent des ONG et ... de la drogue venant d'Afghanistan. Pays bizarre qui est sensé être très pauvre et où nous avons vu les plus belles voitures de tous les pays traversés. Il s'agit aussi d'un des rares pays où les gamins nous ont demandé de l'argent ou des cadeaux. Peut-être un effet secondaire des ONG...
Pour conclure, cette route de la soie est la route des dictatures dont la plupart sont amies de France. Pour ceux qui aiment connaitre l'envers du décors des informations internationales je vous invite à lire la chronique de Bernard Guetta sur le site de France Inter: http://sites.radiofrance.fr/franceinter/chro/geopolitique/archives.php


Pour revenir sur le voyage je suis arrivé à Chengdu par le train et je pars demain en vélo pour le Laos que j'atteindrai dans un peu plus d'un mois. Je pense reprendre le blog là bas en espérant ne pas rencontrer de nouvelles difficultés. Rendez-vous début novembre!

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