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La rue commercante de Mourghab. Là faut vraiment etre né la pour y vivre. Il n'y a rien ici On reste 1 nuit ici avant de continuer notre route. J'ai très très envie d'une pause mais il faudra attendre encore 8 jours avant de pouvoir rester 2 jours au même endroit. Alala ces visas...

Nous faisons une première étape assez courte. Le temps est pourri, il fait froid et on a eu le vent de face toute la journée. Au petit matin on se rend compte qu'il a un peu neiger mais le ciel est bleu. Dur dur de repartir. J'ai des crampes au bout de 10km puis ça passe. Il y a quelques temps Cédric m'avait parlé de la fatigue du voyage. Cette notion abstraite prend tout son sens aujourd'hui. J'en ai marre et aucune envie d'avancer mais bon, j'avance... Il nous reste pas mal de cols à passer avant d'arriver en Chine et de pouvoir enfin souffler.


Heureusement le paysage est toujours aussi beau et le temps se tien. Nous progressons vers le point culminant du voyage. La montée est laborieuse. Je m'arrête tous les 100m pour souffler.

Arrivée au col je suis pris en photo par 2 anglais puis m'offrent une barre de chocolat pour fêter ça.



Je retrouve Cédric un peu plus bas qui est en train de bricoler son vélo.

Le 4 septembre encore une grosse journée. Pas mal de bosses à passer et un vent de face continue. Cédric est loin devant ce qui me donne l'impression de voyager seul. Je suis bien peu en forme j'ai mal aux poignets, aux genous et au dos. Le corps demande une pause mais mais il faut avancer pour sortir du Tadjikistan rapidement car notre visa Khyrgyze ne nous permettra de rester là-bas que 3 jours.

Le soir la récompense:

 Le voyage continue dans des paysages infinis. Les photos rendent qu'un dixième de l'impression de grandeur dégagé par les montagnes.


Nous partons l'après-midi après avoir hésité à rester une nuit de plus. Et oui, Cedric est toujours malade et bat des records en allant aux toilettes tous les quarts d'heure.

Juste après avoir quitté Khorog nous nous arrêtons à un contrôle de police. Rien d'étonnant à ca, il y en a déjà eu tout le long du parcours depuis que nous sommes rentré au Tadjikistan. Par contre ce qui l'est plus c'est que deux policiers essaient de nous convaincre que notre permis pour la route du Pamir n'est pas valide. On proteste énergiquement. On sait qu'on est en règle et on sent l'arnaque où il va falloir payer pour passer. A ce moment là leur chef rentre dans la piece et nous propose de la vodka! On refuse en rigolant en lui expliquant que si on accepte on n'arrivera plus à rouler droit! En presence de leur chef les deux policiers nous rendent notre passeport et nous disent qu'on peut y aller. On apprendra par la suite que Frederic a rencontré ces deux  "magouilleurs" et qu'il a du leur donner 20 somonis pour passer (4 euros).

En fin de journée nous rattrapons Frédéric.

 Frédéric et Cédric

Nous faisons un bout de route ensemble jusqu'à trouver une prairie où mettre la tente. Nous sommes en train de nous installer quand deux autres cyclistes français débarquent. Nous passons la soirée à 5 et Mickael et Gael nous offrent, oh bonheur, du saucisson de France!

 Mise en place du campement

Le lendemain nous quittons Frédéric à un hôtel et nous montons à 4200m pour nous poser juste après le col. Je découvre les joies de l'altitude: mal de tête, grosse fatigue et l'impression pas si désagréable .. d'avoir pris une cuite :-)

Le genre de panneau que je déteste!


Les jours suivants nous roulons dans un désert minéral beau et austère. Ce paysage lunaire dégage une atmosphère irréelle. On a l'impression d'être au milieu de nul part et d'ailleurs c'est le cas! On voit passer une voiture toutes les 2h.

 Le point au loin c'est Cédric! J'adore ce paysage lunaire

La route du Pamir correspond a sa réputation d'être une des plus belle route du monde. L'altitude me donne un petit mal à la tête plus ou moins continu mais la route est bien plus facile que ce que je craignais. Nous restons plus ou moins à 4000m pendans ces 5 jours. Le temps est parfait par admirer toutes ces montagnes environantes et nous avancons sans efforts.

 Nous admirons le soleil se coucher. Le silence est lui aussi surréaliste, total...

On mange du yaourt de yak dans une yourte! (3 mots à retenir pour placer le y au scrabble)
Je pensais que ça serait fort mais c'est super bon. Il faut juste enlever les poils de ... Enfin, des poils quoi! :-)

Nous mangeons dans une de ces deux yourtes

Abri de fortune pour manger à l'ombre



Ps: Je n'arrive pas à ajouter des photos dans mon blog en étend ici en Chine. J'essayerai de nouveau dans quelques jours en espérant trouver une solution

Ps2: photos rajoutées le 29/10/2010
Aujourd'hui juste une petite phrase de Sylvain Tesson, voyageur au long court et écrivain :


"Vivre c'est faire de ses rêves un souvenir"





ps : Pas de texte prévus pour les 10 prochains jours.
Cédric, hier soir, était déjà bien peu en forme, mais ce matin, et pour une fois, c'est lui qui n'avance pas. De mon côté, ça ne me dérange pas, j'aime bien avancer tranquillement.


On longe pendant ces deux jours la frontiere Afghane séparée par une rivière. Il paraît que la frontière est poreuse et que la majeure partie de la drogue Afghane passe par le Tadkijistan et bien ça ne m'étonne pas ! Il suffit de traverser la rivière avec un petit canot pneumatique et hop ! On se retrouve au Tadjikistan ! Et c'est pas les quelques patrouilles de 3-4 soldats à pied qui peuvent y changer grand chose. Je sais pas si j'ai un conseil à donner aux américains, mais il faut arreter de chercher Oussama en Afghanistan :-)


Petit village Afghan à ... 100m !

Le midi on fait une petite pause dans un village à l'abri. Et oui! Il pleut ! On n'avait pas vu de pluie depuis la Turquie !

On a beau se planquer pour manger tranquillement un Tadjik vient nous voir et veut а tout pris nous aider. Il croit vraiment qu'on a besoin d'aide et part chercher dans tout le village une personne qui parle anglais pour comprendre quel est notre probleme. "Vous avez faim ? Vous avez soif ? Vous voulez rester dormir ?" A force je lui dis que Cédric est malade. C'est juste le problème du moment.

Notre sauveur tout content part à 50 m nous chercher du plantain majeur (info de Cédric) et lui demande de le manger. Pour prouver l'efficacite de la plante il nous montre une cicatrice et nous fait comprendre que la plaintin l'a aidé. Soit. Cédric s'exécute pendant que je me marre à le regarder.




En soirée on s'arrête pour acheter à manger et tous les gamins du village courent chercher leur vélo. Je suis d'humeur joueuse. Au moment de repartir j'organise une course. Au top départ tout le monde s'élance à notre poursuite.


Le gagnant est le petit à droite aux couleurs de ... Tiens ! De la France !


Le lendemain au reveil je joue avec un futur petit cycliste.




Il nous reste 60 km à faire, que Cédric termine péniblement. Il est complètement cuit.

A Khorog notre ange gardien nous aide. La première personne à qui je demande ou on pourrait trouver un médecin fiable nous repond qu'elle est l'unique médecin étranger de la ville. C'est une anglaise qui travaille pour une ONG. Elle pose toutes les questions nécessaires à Cédric puis conclu "Ok! Maintenant allons à la pharmacie!" Cédric а son traitement qu'il va devoir suivre pendant 7 jours.

Au camping on décide de rester un jour à Khorog et de raccourcir la route de 150 km en prenant un itinéraire un peu plus au nord que celui prévu. J'ai besoin de souffler et Cédric ne se sent pas capable de repartir le lendemain.
Oulala je viens de voir que cet article n'avait pas était publié!!! Je le rajoute maintenant (16 septembre) même si ça n'a pas beaucoup d'interêt...

Nous finissons assez rapidement les 600m restant pour atteindre 3250m d'altitude. On prend rapidement une photo et nous voilа dejа parti pour la longue descente.






Dans la descente nous croisons Frederic, un francais qui a pris 3 mois de vacances pour parcourir le Tadjikistan et le Kirghizistan. Nous le retrouverons un peu plus tard а Khorog.


Cedric et Frederic parlent de leurs voyages en velo


Quelques kilometres plus loin des apiculteurs nous font gouter le miel fraichement sortit de la ruche. Delicieux!

Il est 12h30 quand Cedric s'arrete prendre une photo. Il y a une superbe riviere et un coin d'herbe juste sous un arbre place idealement pour nous faire de l'ombre. Cedric me dit des que j'arrive "On repart?!" Mais non on ne repart pas! Je sais qu'on a fait que 40km et que les "objectifs" ne sont pas atteint mais arretons nous lа!
Je pars faire ma lessive dans la riviere puis je m'y lave. J'adore me laver dans l'eau froide/glace (cocher la bonne reponse) des rivieres de montagne. Une fois allonge dans l'herbe je pense а Cedric toujours un oeil sur le compteur et un autre sur la montre. Presse. Eternellement presse. Je me demande s'il est capable de saisir le plaisir de cet instant ou le fait de s'etre arrete 30 minutes avant l'heure de pause prevu le ronge. C'est une de nos plus grande difference: Cedric me semble ne pas avoir la capacite de prendre le temps alors que j'aime flaner.
Il est vrai que nous somme presse. A cause de l'attente du visa Chinois а Dushanbe nous n'avons que tres peu de temps pour effectuer le trajet dans ce pays. Nous devons le quitter au plus tard le 5 septembre.

Cette course perpetuelle me pese. On court depuis l'Iran а cause des visas qui sont toujours un peu trop court. J'aurais bien aime rester quelques jours de plus dans ce pays pour pouvoir faire des randos et pourquoi pas un 5000 mais non, nous devons faire une moyenne de 65km/j pauses comprises. Il faut donc avancer.


Ecriture de mon journal pres de la riviere
Aujourd'hui nous avons de nouveau un col à monter sur de la piste. Expérience inédite pour moi et qui s'avere vraiment fatigante. Par contre le paysage est superbe et je m'arrête souvent pour admirer la vue et prendre une photo.
Les Tadjiks nous saluent comme à leur habitude à grands coups de HELLO auxquels on repond d'un signe de la main accompagné d'un SALAM ! Nous saluons comme ça, du papi à la petite fillette, une bonne trentaine de fois par jour.
Pendant cette montée je "déguste" le paysage. J'ai le temps vue ma vitesse d'ascension à 6 km/h ! Cédric de son côté trépigne et me le fait savoir. En montagne Cédric avance bien 3 fois plus vite que moi alors que sur le plat ou les petites bosses je suis assez bien son rythme.

On passe devant une falaise qui me fait penser à l'escalade que je n'ai pas pratiquée depuis maintenant 6 mois. La reprise sera dure ...




La circulation est assez faible. Il y a principalement des 4x4 et des camions chinois qui nous depassent dans de grands nuages de poussière.



A 2 600 m nous nous arrêtons pour dormir. Le col ne sera pas pour aujourd'hui. Il est déjà tard et nous avons un bon endroit pour nous poser. Nous prenons une soupe au "restaurant" qui se trouve là et passons une bonne nuit.
C'est avec plaisir que j'ai repris la route. Je suis en forme et il fait grand beau. Nous avançons bien toute la matinée. Sur le coup de 11h nous rencontrons deux japonais qui voyagent pour 4 ans en vélo.




Pause café

Ensuite la route se dégrade pour devenir de la piste avec des passages très délicats en vélo comme le lit d'une rivière asséchée. Les galets en montée, c'est vraiment épuisant ! Par contre le paysage nous recompense de nos efforts.




Un pêcheur dans un paysage de rêve
Pour la fin du parcours jusqu'à la capitale mes difficultés à rouler m'obligent à prendre un camion afin d'éviter de refaire 1 500 m de dénivelé en étant malade. Je pense que je n'aurais pas réussi à monter autrement.


Les quelques kilomètres de camion sont sympa. Le chauffeur (militaire) me fait découvrir sa douce voix caverneuse en entonnant quelques chansons Russes. Je lui rends la pareille en lui faisant découvrir la beauté de la chanson française à travers quelques paillardes de ma connaissance. Ma prestation lui convient et dans un grand élan fraternel fouille dans une boîte et me tend une grosse poignée de cerises !

Il me pose juste après le tunnel de 8 km (que Cédric a bien été obligé de traverser - cf son blog) puis j'entame une descente de 90 km pour Dushanbé.

Petite vue pendant la descente vers Dushanbé qui n'est qu'à 800 m. Il faudra remonter...

Le lendemain, nouvelles démarches administratives pour le Visa Chinois. On n'aura malheureusement pas les 3 mois demandés mais seulement un mois qu'on essaiera de rallonger d'un mois en Chine.

Les 4 jours passés ici m'ont permis de me reposer et de me soigner. J'ai pu constater le sérieux et la rapidité de l'ambassade de France que j'avais contactée le 13 à 17h pour trouver un médecin. Le 14 à 10h je me retrouve sur le détachement militaire français à l'aéroport en consultation et je repars avec les médicaments.

On est maintenant le 17 aout et on repart demain. La très bonne nouvelle est que je me sens bien guéri et je suis impatient d'aller revoir ces merveilleux paysages de montagnes qui nous attendent

Note : Je ne pense pas mettre à jour le blog dans les 10 jours suivants. Le Pamir est plus connu pour ses moutons Marco Polo que pour ses connexions internet
Cédric rentre au Tadjikistan heureux comme tout. La perspective de montagne et de col à plus de 4 000 m le relance dans son envie de voyage qui était sur le déclin avant l'Ouzbékistan. De mon coté, je suis bien motivé aussi mais bien sûr je redoute l'épreuve qui m'attend. Nous allons prendre la route du Pamir sur les traces de Marco Polo. Une des routes les plus belles du monde avec des visions sur des sommets à plus de 7 000 m, mais aussi une des routes les plus dures en vélo. Un dernier point, je suis malade depuis l'Ouzbékistan avec quelques épisodes de fièvres, mal à la tête,etc...


Les premiers jours se passent bien mais j'avance pas vite. Je me sens faible avec un gros mal de ventre. Je me sens flotter.

On fait comme d'habitude de belles rencontres : rencontre des habitants d'un village près d'un puits, discussion avec un cavalier sur son fougueux cheval parti ramener les vaches ou encore repas avec un maire, un de ses conseillers est un prof quémandeur obligé de boire de la vodka pour prouver sa valeur, condition indispensable pour être écouté.

Le lendemain 30 minutes après le départ je dois m'allonger et je dors 2 heures. La suite n'est pas brillante mais on avance quand même de soixante kilomètres. La route est relativement plate. Ça ne sera pas le cas le lendemain où un col à 3 400 m nous attend !


On est le 11 août. Réveil difficile toujours dans les vapes mais là ça monte. J'ai vraiment du mal et mon ventre est trop détraqué pour manger le midi.

Exactement la tête qu'il ne faut pas avoir avant de taper un col à 3 400 m!


Après la pause Cédric me propose un truc : il va mettre un cable entre nos deux vélos pour m'aider à monter!

Et hop nous voilà repartis à la vitesse prodigieuse de 5 à 7 km/h. Quand je suis trop lent le cable se tend et Cédric se retrouve à devoir supporter la secousse. Pour compliquer les choses, la route devient une piste et il faut déjouer les pièges des trous tout en restant bien dans l'axe de Cédric. C'est vraiment l'horreur. Je suis complétement à la ramasse et on est obligé de s'arrêter plusieurs fois pour que je puisse souffler.

Quand je vous dis que ça monte !

On atteint finalement le col avec bonheur et je suis dans un drôle d'état. J'ai presque envie de pleurer sans savoir si c'est de joie ou de fatigue. Je me rends compte que je n'ai jamais eu dans ma vie une situation sportive aussi éprouvante.

Toujours décalqué mais content

La descente est ensuite prodigieuse avec des vues à couper le souffle et un paysage grandiose ! Hors du Commun ! Le sourire aux lèvres je file à 60 km/h tout en contemplant ce qui nous entoure. Et dire que ce n'est qu'un préambule de ce qu'on va voir par la suite !


On termine la descente 1 500 m plus bas, juste dans le vert sur la photo

Le soir un jeune vacher rêve d'essayer mon vélo.Il faut que je décroche toutes les sacoches pour qu'il ait une chance de ne pas finir par terre. J'ai vraiment la flemme mais je cède. Il avait trop les yeux qui brillaient d'envie de monter dessus.

Son petit air Coréen me rappelle quelqu'un ! :-)

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